Elles crochètent pour la planète

Elles crochètent pour la planète

Elles sont aujourd’hui 95 artisanes, principalement au Burkina Faso, mais aussi en France et au Sénégal, à crocheter des sacs en plastique pour en faire des accessoires design et tendance, vendus aux quatre coins du monde, par la marque éthique et solidaire, Facteur Céleste.

Cette « success story » était pourtant loin d’être écrite à l’avance.
Lorsque Delphine Kholer, styliste parisienne, se rend au Burkina Faso, dans le petit village de Tiébélé, proche de la frontière avec le Ghana, elle décide de monter un projet pour les femmes qu’elle y rencontre. Déscolarisées très jeunes, elles ne savent ni lire ni écrire. Beaucoup souffrent d’un handicap suite à la poliomyélite contractée dans leur enfance. Toutes vivotent d’activités informelles.

Delphine Kholer leur propose de les former au crochet.
Mais, au lieu de crocheter du fil de coton ou de la laine, les artisanes vont apprendre à crocheter du plastique. Les sacs en plastique – qui mettent environ cinq cents ans à se décomposer - sont un véritable fléau dans cette région. Ils sont ainsi recyclés, lavés et découpés en fines lamelles pour constituer des bobines qui serviront de matière
première aux artisanes.

L’idée est originale, écologique et elle plaît. Les commandes se multiplient en France, mais aussi en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, au Liban… De plus en plus de femmes sont formées au Burkina Faso, mais aussi à Montreuil-sous-Bois en France et, depuis l’année dernière, à Saint-Louis au Sénégal.

Au-delà de la formation technique, des cours d’alphabétisation sont dispensés chaque jour aux femmes, pour qu’elles puissent plus facilement s’exprimer et écrire en mooré (langue principale au Burkina Faso) et en français. Elles sont désormais autonomes pour négocier les prix de leurs créations et calculer leur rémunération.

Aujourd’hui, les crocheteuses burkinabés gagnent plus de 56$ par mois, alors que le revenu moyen par habitant ne dépasse pas les 49$ (source Banque mondiale). Elles sont également profondément engagées dans la protection de leur environnement.

Excellentes techniciennes, les artisanes sont aussi des créatrices.
Encouragées par l’équipe Facteur Céleste, elles  créent désormais seules des modèles inédits, qu’elles vendent ensuite dans une boutique qu’elles ont aménagée à Ouagadougou. Les clientes sont au rendez-vous comme Haoua, 23 ans, qui vient de s’offrir une petite pochette noire avec un liseré bleu : « Je ne savais pas qu’on pouvait fabriquer des produits aussi jolis et robustes avec des sacs en plastique ! C’est une belle surprise. »

L’ascension des artisanes de Facteur Céleste ne fait que commencer.
La marque écolo-féministe s’installe, jusqu’au 7 août, dans une boutique éphémère, 8 avenue de la Porte-Chaumont, Paris-19e.

N’attendez plus pour découvrir leurs créations et shoppez solidaire !

 

Chloé freoa

 

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