CAMBODGE : La formation, premier pas vers l'indépendance

CAMBODGE : La formation, premier pas vers l'indépendance

Créée en 1994 par Sébastien Marot, l’association Friends International offre un avenir aux enfants des rues de Phnom Penh, au Cambodge. Chez Friends International, l’équipe est composée de femmes et d’hommes, surnommés les « every day heroes » (héros de tous les jours). Ils arpentent les rues de la capitale cambodgienne, jour et nuit, pour proposer leur aide aux enfants, mais aussi à leurs grands frères et à leurs grandes sœurs, et enfin à leurs parents.

C’est dans le quartier de Preah Ang Eng, à deux pas des rives du lac Tonlé Sap, que Friends a installé le centre Mit Samlanh. Situé entre le vieux marché et le musée national, Mit Samlanh est un lieu atypique où les touristes viennent déjeuner, faire des emplettes, pendant que les jeunes accompagnés par Friends se forment à différents métiers (mécanique, restauration, électricité, informatique…).

A Mit Samlanh, Chanty, 24 ans, est venue apprendre le métier de coiffeuse, mais surtout à devenir indépendante.

« J’ai beau essayé de me rappeler, mais rien ne me vient : aucun souvenir de moments heureux en famille. Mes parents étaient violents entre eux mais aussi avec mon frère, ma sœur et moi. Ils ont finalement divorcé, mais le répit n’a pas duré longtemps.

Ma mère s’est remariée et la situation a empiré au point que j’ai dû quitter l’école et travailler. Je fouillais les poubelles pour revendre tout ce que je trouvais : canettes, sacs, bouteilles…

Ma mère a encore divorcé pour se remarier. C’est courant ici que les femmes se marient en espérant que leur conjoint prendra en charge le foyer et les enfants. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu…
Mon nouveau beau-père était toxicomane. Il a entraîné toute la famille dans son addiction, sauf moi. J’ai alors décidé de partir. Mais sans qualification, je ne savais pas comment gagner ma vie. J’ai  commis des erreurs et j’ai été arrêtée par la police. J’ai passé trois ans en prison, un vrai cauchemar.

Après ma libération, j’ai découvert Mit Samlanh. Je m'y suis inscrite et je suis aujourd’hui en formation beauté. Je savoure chaque jour passé au centre. Je me suis fait plein d’amis, j’ai même été élue déléguée des élèves. J’en suis très fière.

Je ne sais pas ce que je ferai plus tard – travailler en institut ou ouvrir mon propre spa – mais ce n’est pas le plus important. J’ai réussi à surmonter tant de choses que je me sens capable de tout. »

Soutenue par la Fondation ELLE, Chanty poursuit ses études à Mit Samlanh.
 La Fondation ELLE l’accompagnera jusqu’à sa complète autonomie.


Chloé Freoa

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